Histoire de l'église de Ballainvilliers

La paroisse a été créée en 1265, par Regnault de Corbeil, Evêque de Paris à la demande des chevaliers Pierre et Ancel de Ballenvilliers. La dédicace de l’église actuelle a été faite le 12 mai 1539 avec comme patrons St Jacques le Majeur et St Christophe.
Elle ne comportait pas alors le bas-côté au sud, qui a été ajouté au XVIIème siècle. Il y a eu de nombreux travaux faits à cette époque par Nicolas Lepagnol, Seigneur de Ballainvilliers, dont il nous reste le retable, l’autel, le confessionnal et la chaire, qui sont de 1683 et une cloche bénite le 6 octobre 1699. C’est aussi à cette époque que l’église a été consacrée à St Jacques le Majeur (Jacques de Compostelle) et
St Philippe.
D’importantes dégradations ont été faites lors de la révolution, et l’église a été restaurée en 1856. A cette occasion, l’aménagement de l’église a été inversé, l’autel passant du côté ouest (il était auparavant à l’est, côté normal dans toutes les églises). Un porche grec avait été construit devant la nouvelle entrée, mais il a été supprimé ensuite. Une pierre tombale de 1758 est encore visible dans l’allée centrale. D’autres ont été recouvertes ou réutilisées dans les réaménagements. Le Littré blasonné date aussi de 1758.

Les saints patrons

St Jacques le Mineur est un des apôtres, le frère de St Jean l’évangéliste et fils de Zébédée. Il assista à la transfiguration de Jésus avec Pierre et Jean et Jésus l’emmena aussi avec eux au jardin de Gethsémani dans la nuit précédant la Passion du Seigneur (nuit de l’agonie et de la sueur de sang). Il fut le premier apôtre martyr, sur ordre du roi Hérode Aggripa 1er. Une tradition espagnole du IX° indique que son corps fut transporté en Espagne, d’abord à El Padron, puis à Compostelle, qui devint l’un des plus grands lieux de pèlerinage chrétiens.

St Jacques le Majeur (ou le jeune, par opposition à St Jacques le Mineur) est assimilé à celui qui est cité dans le nouveau testament sous le nom de « Jacques fils d’Alphée » ou de « Jacques, le frère du Seigneur ». Il devint évêque de Jérusalem et joua un rôle important dans la controverse sur la circoncision et les autres obligations juives qui ne devaient pas être suivies par les chrétiens non juifs. On le considère également comme l’auteur de l’épître qui porte son nom. Il mourut en martyr à Jérusalem.

St Christophe est le patron des voyageurs. Son nom signifie « porteur du Christ », car, selon la Légende dorée du dominicain Jacques de Voragine, il fit traverser une rivière à un enfant, sur ses épaules, qui se révéla comme Jésus-Christ. Il mourut en martyr.
St Philippe est un des apôtres, cité plusieurs fois dans l’évangile selon St Jean. Il prêcha l’Evangile en Phrygie et mourut à Hiérapolis.

Les tombes à l'intérieur de l'église :

On voit aujourd’hui dans l’allée centrale une pierre tombale portant l’inscription suivante :
Icy repose dame Marie Hélène Renard, veuve de messire Philippe Lambert, conseiller du Roy, président trésorier de France, en la généralité de Paris, et intendant des maisons et finances de la Reyne, décédée le 20 novembre 1753, en son château de Plessis-Saint-Père, dit la Croix-Saint-Jacques de cette paroisse.Deux autres tombes connues ont été enfouies sous le pavage actuel :

- celle de Nicolas Lepagnol, premier baron de Ballainvilliers, conseiller du roi, maître ordinaire en sa chambre des comptes, mort à Ballainvilliers entre 1683 et 1699 ;
- celle de Marie-Madeleine Labbé, dame de ce lieu

Une autre pierre tombale, datant de la fondation de l’église, a été sciée et employée à la petite porte de l’église.

L’orientation des églises

Une règle générale appliquée dès la construction des premières églises a été d’orienter vers l’orient leur abside, c’est-à-dire la tête de la croix que forme l’église. Ainsi l’assemblée des célébrations se trouvait-elle symboliquement tournée vers le soleil levant, image du Christ dissipant les ténèbres de la mort, et vers les lieux saints, cadre de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.
On peut constater aujourd’hui que c’est en effet l’orientation de beaucoup d’églises anciennes et des grandes cathédrales. Le développement urbain n’a pas permis de continuer à respecter cette règle, à laquelle on trouve d’ailleurs une exception de taille : celle de St Pierre de Rome. Il s’agit en l’occurrence d’une erreur d’interprétation : comme l’usage s’était maintenu à St Pierre de la célébration face à l’assemblée, on crut devoir orienter vers l’occident la nouvelle basilique (commencée au début du XVIème siècle) pour que le pape officiât tourné vers l’orient.

(Source : Théo (1989) p 640)